Burn-out de l’aidant familial : attention aux signes d’épuisement

burn out aidant familial

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C’est généralement plutôt dans le cadre professionnel que l’on entend parler pour la première fois du burn-out. Ce syndrome d’épuisement proche d’une dépression est pourtant étroitement lié aussi à une relation d’aide. L’accompagnement au quotidien d’une personne chère peut conduire à un surmenage. Il est déjà difficile de se rendre compte de son propre état de fatigue. Mais ensuite ce n’est malheureusement pas toujours possible de “souffler” ou “déléguer” comme l’entourage aime généralement le conseiller. C’est fréquent pour les proches aidants d’avoir très peu de temps pour soi : il faut pallier un déficit de place en établissement ou un manque d’aide à domicile. A cela peut s’ajouter la difficulté à extérioriser notre ressenti par peur de se livrer à notre entourage suite à de mauvaises expériences. 😵‍💫😶‍🌫️

Dans cet article, nous choisissons un axe particulier en nous attardant sur la compréhension de ce phénomène du burn-out chez l’aidant familial : évidemment ses signes, mais aussi son histoire.

Reconnaitre les signes d’épuisement chez les aidants familiaux

Le burn-out est une situation de stress chronique. Il y a plusieurs phases avec une explication très scientifique, chimique, de ce qu’il se passe dans notre corps à ce moment et qui crée ces symptômes. 

Notre corps, face au stress généré par les responsabilité d’aidant, est sans cesse en état d’alerte. Le sommeil est perturbé. Or, c’est le cycle du sommeil qui régule beaucoup d’hormones. Ce dérèglement du sommeil empêche alors la production d’hormone de se stabiliser. Nous entrons ainsi dans une phase de résistance avant de possiblement craquer. Mais concrètement, quels sont les signaux visibles de cette phase de résistance ? 💥

Les plus faciles à détecter sont les symptômes physiques. Ils peuvent apparaître comme des courbatures ou un tassement à force de réaliser les transferts par exemple. Le stress impacte la qualité du sommeil et modifie les habitude alimentaires. C’est fréquent dans ces moments-là de manger des aliments plus gras ou plus sucrés qu’habituellement. Certains mangeront beaucoup moins d’autres davantage. Vous pouvez utiliser des outils pour vous rendre compte plus facilement des évolutions de poids ou de qualité du sommeil. Avec l’épuisement, l’apparence physique change. Prendre soin de soi en tant que proche aidant passe parfois au second plan. 🪫

D’un point de vue psychologique et émotionnel, les signaux sont plus discrets. Ce ne sont pas toujours des symptômes que l’on détecte soi-même très facilement. Ils peuvent surtout différer en fonction des personnes. Ce sont souvent des personnes de notre entourage qui nous font remarquer ces symptômes. La fatigue chronique engendre une irritabilité, une intolérance voire une attitude agressive qui peut se voir aussi dans la relation avec la personne aidée. Globalement un état d’esprit plus pessimiste prend le dessus et va amener à se renfermer quitte à se couper d’une vie sociale. Ces signes s’accompagnent régulièrement d’une certaine tristesse de voir son proche qui ne va pas bien. 🌿

Cette perte d’énergie psychologique, émotionnelle et physique crée une usure qui s’installe de façon lente et graduelle. Et à force de maintenir cet état d’alerte trop longtemps, le corps finit par lâcher…

Le burn-out de l’aidant familial

Pour compléter la liste des signes annonçant un burn-out, c’est pertinent d’avoir l’éclairage historique de l’apparition du terme burn-out pour mieux le comprendre. En introduction, nous évoquions le rôle de la culpabilité qui nous enferme dans cette spirale épuisante. Dans la relation d’aide à un proche, c’est dans l’affect et l’amour que la culpabilité prend sa source. C’est aussi cet amour qui permet de repousser nos limites et d’apporter cette aide quotidienne. ❤️

Ce qui est étonnant, c’est que le burn-out a été découvert précisément dans le cadre de métiers consacrés au soin apporté aux autres. Le psychiatre Freudenberger travaillait énormément. Il avait un cabinet la journée et assurait le soir des permanences dans un hôpital gratuit. Il voulait toujours en faire davantage, conscient des besoins immenses que rencontraient ses patients.

Avec le recul il se souvient que son entourage lui faisait remarquer qu’il avait maigri, qu’on lui demandait souvent comment il allait. Il se rappelle avoir été irritable avec sa femme. Il avait aussi enregistré ses interactions avec ses patients. En écoutant les bandes son, il pouvait déceler une arrogance, un détachement. Freudenberger a observé que certains de ses collègues étaient aussi pris dans cet engrenage. Voulant toujours en faire plus pour aider, ils se retrouvaient à un moment démotivés au point de ne plus être capables d’aider. 👨🏻‍⚕️

Plus tard, des tests sont apparus pour évaluer le degré de fatigue. Même si ces tests ont des limites (ils se basent sur de l’auto-évaluation, or notre propre perception est biaisée), ils ont le mérite de sensibiliser. Le plus connu est le Maslach Burnout Inventory (MBI) qui a été créé en 1981. Il intègre 22 questions qui explorent l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et l’accomplissement personnel. On l’utilise encore beaucoup aujourd’hui. D’ailleurs, la Fédération France Répit a lancé récemment un test adapté aux personnes qui accompagnent un proche au quotidien pour évaluer son risque d’épuisement en quelques minutes. ✅

On comprend donc que le burn-out chez l’aidant familial n’est pas un phénomène récent. Les parallèles entre nos quotidiens et l’histoire de Freudenberger restent d’actualité soixante ans après. Prendre conscience des signes de cet épuisement et comprendre leur source est une première étape.

Quelles solutions pour sortir de cette phase dépressive ?

Si on en a la possibilité, le fait de prendre le temps de réfléchir à ce qui est ou non dans son pouvoir d’action peut aider au lâcher prise. La pratique de l’auto-soin par la recherche de “petits plaisirs” est aussi une bonne technique pour trouver des moments de répit. Des aides extérieures existent également, parfois même au sein de son propre entourage ! A ce propos, un exercice très concret nous avait été partagé par une lectrice. Il s’agit dans un premier temps de cartographier les personnes qui peuvent aider dans notre réseau puis de détailler ensuite de manière très concrète ce qu’elles peuvent faire pour nous aider. Ca peut être une course, un repas, un peu de ménage, se renseigner sur un sujet, etc. Vous connaissez aussi peut-être les séjours de répit, le baluchonnage ou les maisons de répit pour des haltes de quelques heures à plusieurs jours. Enfin, votre employeur peut accorder des congés qui sont indemnisés sous certaines conditions. 💡

De notre côté avec Pupil, nous sommes là pour aider les proches aidants dans les démarches qu’ils rencontrent. Monter un dossier d’aide, identifier les actions à réaliser, prioriser, identifier une structure, etc. Contactez-nous !

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