Début d’escarre : comment reconnaître, prévenir et soigner ?

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Une escarre n’est pas forcément une blessure grave au départ. Mais si elle n’est pas prise en charge rapidement, elle peut s’aggraver, creuser la peau jusqu’à atteindre les tendons ou les os. Elle devient alors extrêmement douloureuse et peut mettre des mois à cicatriser. D’où l’importance de détecter un début d’escarre le plus tôt possible. ❤️‍🩹

Qu’est-ce qu’une escarre ?

Commençons par préciser ce que c’est. Une escarre est une plaie, une lésion qui se forme sur les zones d’appui des personnes alitées ou en fauteuil. Elle apparaît parce que les tissus sont trop longtemps comprimés et ne sont plus correctement oxygénés. L’humidité fragilise aussi la peau et augmente le risque. Pareil pour les frottements répétés contre les draps. Chez une personne en bonne santé, ce n’est pas un problème: nous bougeons constamment, même pendant le sommeil. Les escarres apparaissent surtout lorsque la personne ne peut pas se déplacer seule ou qu’elle ne ressent pas la douleur qui l’alerterait du besoin de changer de position. 🛌🏻

Ces plaies touchent principalement le bas du dos, les talons ou les fesses. Elles peuvent aussi être causées par des dispositifs médicaux mal adaptés, par exemple un masque à oxygène ou une sonde, et apparaître alors sur le nez ou les oreilles. C’est un sujet sérieux : chaque année, de nombreuses personnes âgées en décèdent.

Reconnaître un début d’escarre 

On parle généralement quatre stades d’évolution. Le premier signe d’alerte est une rougeur persistante sur une zone de pression prolongée. Même si on appuie dessus, elle ne disparaît pas. Sur une peau foncée, la coloration peut être rouge, bleue ou violacée. La zone devient différente de la peau voisine en terme de température, de fermeté ou de sensibilité.

Si on ne fait rien, une plaie apparaît assez rapidement et peu s’accompagner de cloques (stade 2). Ensuite, la peau se noircit, des croutes se forment (stade 3), puis la plaie peut s’approfondir jusqu’à atteindre le muscle et parfois même l’os (stade 4).

Dans les établissements, des échelles comme Braden, Norton ou Waterloo sont utilisées pour évaluer le risque d’escarres et former les soignants à agir dès les premiers signes.

Prévention des escarres

La prévention repose en priorité sur une surveillance régulière des zones à risques et des changements de position plusieurs fois par jour (max 2/3 heures). Soyez bien vigilant de ne pas tirer la personne pour la déplacer. Vous pouvez utiliser un dispositif de levage adapté ou un drap. 👀

Le matériel utilisé est très important, il peut vraiment réduire le risque. Un fauteuil verticalisateur pour passer de coucher à assis peut déjà modifier un peu les points de pression. Certains matelas à air, à eau ou dynamiques permettent aussi de réduire la pression de manière efficace. Il existe aussi des chaussettes spécifiques pour éviter les escarres.

L’humidité est aussi un facteur de risque car elle fragilise la peau. Soyez particulièrement vigilant a l’hygiène de votre proche s’il a des incontinences. Lors de la toilette il faut par exemple bien sécher les zones sans créer de frottements. Vous pouvez par exemple tapoter avec une serviette pour que ce soit plus délicat. D’ailleurs les massages ou application de glaçons ou de compresses chaudes ne sont pas trop recommandées. Essayez aussi de changer les draps régulièrement. 💧🛁

L’alimentation et l’hydratation sont tout aussi importantes. Une peau fragilisée par la dénutrition ou le manque d’eau est beaucoup plus vulnérable. Un médecin peut prescrire à votre proche des compléments alimentaires comme de la vitamine C ou du zinc. Un régime riche en protéine favorisera la guérison mais aussi évitera l’apparition d’escarres.

Les proches, tout autant que les soignants, ont un rôle essentiel dans cette prévention. Le kinésithérapeute peut aussi intervenir pour aider votre proche à retrouver un peu de mobilité et lui permettre d’arriver à changer de position plus facilement. 👍

Traitement des escarres

Pour soigner une escarre il faut combiner des action locales et générales. Quel que soit le stade d’avancé de l’escarre, il faut absolument supprimer les points de pression. Au tout départ (stade 1), ça suffit souvent à la faire disparaître. Par contre, si la plaie est déjà formée, la cicatrisation devient longue et exigeante. Il faudra un nettoyage minutieux, une désinfection régulière, et, s’il y en a, le retrait des tissus nécrosés. On appelle ça le débridement. 👨🏻‍⚕️ Des crèmes et pansements adaptés favorisent ensuite la cicatrisation. Attention, l’utilisation de compresses humides qu’on va laisser “sécher” sur la plaie n’est par contre pas recommandé. Dans les cas les plus graves, une intervention chirurgicale avec greffe peut être nécessaire.

Tout au long du processus, la douleur doit être prise en compte. Elle peut être ponctuelle, au moment des changements de position, ou continue, sans forcément être proportionnelle à la taille de l’escarre. Le médecin peut alors prescrire des antalgiques adaptés. 💊

Une escarre bien traitée cicatrise dans la majorité des cas : plus de 70 % des escarres de stade II, 50 % de ceux de stade III et environ 30 % de ceux de stade IV guérissent après six mois de traitement (source). L’essentiel est d’agir vite, dès les premiers signes. N’oubliez pas que pour des personnes à faibles revenus, vous pouvez bénéficier d’une mutuelle gratuite, retrouvez notre article sur la CSS.

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